Compte tenu de votre récente nomination au poste, vous n’avez pas encore eu le temps de les développer, mais : quels sont vos objectifs à moyen et long terme en tant que Directeur Général de PortCastelló ?

Au cours des dernières années, l’équipe, l’ancien directeur et l’ancien président ont réalisé un travail exceptionnel qui est repris dans notre plan stratégique PE24. J’ai assumé les objectifs de PortCastelló inclus dans ce Plan Stratégique comme s’ils étaient les miens, et je continuerai à travailler avec cette grande équipe pour les atteindre. Par contre, à long terme, j’aime imaginer un port différent, davantage intégré dans la ville et qui resterait, de façon durable, l’un des moteurs économiques de la province.

 

En ce qui concerne vos fonctions, quelle a été la différence la plus importante entre votre poste de Responsable d’Exploitation au port de Carthagène et celui de Directeur Général de PortCastelló ?

Au niveau professionnel au sein de l’Autorité Portuaire, d’une part, pour ouvrir la vision au-delà de la partie la plus opérationnelle de l’entreprise, et d’autre part, la gestion de notre grande équipe, pour rester motivés et impliqués pour notre entreprise.

Sur le plan personnel, en tant que père d’une famille nombreuse, la distance avec ma femme et mes enfants est l’élément le plus complexe.

 

Le développement du Quai Sud est l’un des défis dont nous parlait Rafa Simó dans le premier numéro de ce magazine. Où en est ce projet ?

À un moment réaliste et ambitieux, car nous venons de présenter le projet Octopus, envisagé dans le Plan Directeur du Port. Grâce à ce projet, nous allons dans un premier temps promouvoir la commercialisation du quai Sud actuel, tandis que nous entamerons les procédures pour une deuxième partie qui donnera lieu au démarrage définitif de ce quai nous permettant de gagner 420 000 mètres carrés de nouvelle surface et 865 mètres linéaires de quais de 16 mètres de tirant d’eau. Octopus permettra de développer de grands projets industriels et de consolider le port de Castellón en tant qu’enclave industrielle et chimique, axée sur les nouvelles technologies et les carburants durables, comme indiqué dans notre Plan Stratégique.

 

 

L’accès ferroviaire sud, la gare intermodale et la liaison ferroviaire interne sont trois des projets cruciaux pour le développement du Quai. Où en sont-ils actuellement ?

En effet, ce sont des projets cruciaux qui permettront d’agrandir la connectivité ferroviaire de PortCastelló et d’améliorer sa compétitivité et celle de ses clients. L’accès ferroviaire est une infrastructure très difficile à traiter. Nous adaptons actuellement le projet de construction pour ensuite procéder à la signature de l’accord avec l’Adif (Administration des Infrastructures Ferroviaires).

Concernant la liaison ferroviaire, nous avons récemment attribué la première phase du réseau ferroviaire pour 5,6 millions d’euros. Il s’agit de la liaison ferroviaire entre le futur pont retractable et l’accès ferroviaire. Nous sommes également en train de traiter l’appel d’offres pour les travaux du pont qui reliera les deux quais par train et qui a été laissé à l’abandon en raison de la hausse des matières premières.

Enfin, nous lancerons prochainement un appel d’offres pour l’élaboration du projet de construction de la gare intermodale, dont la mise en service permettra aux entreprises de Castellón de réaliser des économies de coûts logistiques et d’augmenter le trafic à PortCastelló. Une infrastructure assumée par l’Autorité Portuaire avec un investissement de 21 millions.

 

L’un de vos objectifs est de rendre PortCastelló plus durable. Quelles actions avez-vous prévues pour y parvenir ?

Il y a trois actions qui démontrent l’engagement du port de Castellón pour une croissance durable. Il s’agit : de l’approbation du Code de Bonnes Pratiques Environnementales, de la signature d’un accord pionnier sur la qualité de l’air avec la Generalitat Valenciana visant à réduire la pollution atmosphérique, et du développement des 18 actions de protection de l’environnement que le port a mis en place afin de se développer de manière durable. Ces actions sont principalement liées à la réduction des particules dans l’atmosphère, comme la réalisation d’opérations d’arrimage respectueuses et adaptées aux marchandises, la régulation de la circulation du trafic routier ou encore l’installation de lave-roues et d’écrans anti-poussière, entre autres.

Enfin, je voudrais commenter le défi PortCastelló 2030, qui devrait permettre de réduire la consommation d’énergie de 30 % et les émissions de 30 %.

 

Vous prenez votre poste à un moment économique délicat après la crise sanitaire. Dans quelles mesures le COVID-19 a-t-il affecté PortCastelló ?

Heureusement, PortCastelló est un port dont le trafic est très diversifié, et bien que nous ayons constaté une diminution du trafic due principalement à la pandémie, l’impact n’a pas été très important et il sera complètement récupéré d’ici la fin 2021, qui sera sûrement une des meilleures années de notre histoire en termes de volume de marchandises.

À ce propos, je voudrais également souligner le rôle important des ports pour l’économie et l’approvisionnement du pays pendant cette crise. Tous les ports sont restés opérationnels, et PortCastelló a notamment pu continuer à fonctionner normalement grâce au magnifique travail de chacun des acteurs de notre Communauté Portuaire.

 

Au début de cette année, le service des douanes a été rétabli à PortCastelló. Que signifie la reprise de ce service pour la communauté portuaire ?

En effet. Le service des douanes du port de Castellón a été remis en service, après avoir été arrêté en 2012 en raison du mauvais état du bâtiment. Aujourd’hui, on a pu rénover ce bâtiment pour un budget de 400 000 euros et il est pleinement opérationnel avec 12 fonctionnaires qui s’occupent des différentes procédures administratives liées à l’inspection des marchandises. De plus, un espace spécifique a été réservé pour assurer le service de campagne sur les revenus de la Direction des Impôts. Par conséquent, nous améliorons nos services pour notre communauté portuaire et pour les habitants du Grau de Castelló.

 

Quelles mesures ou actions ont été prises, ou vont être prises, depuis votre prise de poste pour encourager les relations entre le port et la ville de Castelló ?

Nous entreprenons de nombreuses actions en ayant la conviction que le port de Castellón doit être le meilleur allié de son environnement. Parmi celles-ci, je voudrais mentionner le Plan de Dynamisation et d’amélioration de la façade maritime qui prévoit la liaison du Moll (Quai) de Costa avec la plage de Pinar. Nous présenterons également prochainement notre projet de promotion du Moll de Costa et de ses annexes pour permettre au port de Castellón d’avoir sa place au niveau du tourisme.

 

Comment comptez-vous promouvoir la relation de PortCastelló avec le reste de la province ?

Nous sommes en train de former de nouvelles alliances institutionnelles pour agir main dans la main et parce que nous ne voulons pas parcourir ce chemin seuls. Nous scellons également des accords pour promouvoir l’économie du savoir et faire du port de Castellón un pôle d’innovation.

Pour la première fois, l’APC a lancé une ligne d’aide destinée aux associations culturelles et sportives de son environnement, et nous avons développé une campagne de valorisation des phares gérés par l’Autorité Portuaire, car nous sommes convaincus que nous sommes bien plus qu’un port commercial. Enfin, je tiens à souligner notre engagement auprès de la Mairie d’Almassora pour la régénération de son littoral.

 

Lorsque vous vous tournez vers l’avenir, comment imaginez-vous PortCastelló dans quelques années ?

Avec un portefeuille de trafic et de clients plus diversifié, offrant des services plus compétitifs et plus efficaces, grâce à la digitalisation. Mais je vois surtout un port durable, qui favorisera l’utilisation de nouveaux carburants pour atteindre la neutralité de ses émissions.